Pendant deux heures, Juan Branco, avocat de Julien Assange et auteur
du succès en librairie « Crépuscule » (édition au
Diable Vauvert), a exposé son point de vue autour des questions
liées à « l'état de la démocratie », thème de la
conférence.
Comment
les faiseurs d'opinions entretiennent des relations étroites avec
les milieux d'affaires ?
Peut-on
parler de biais au sein de la démocratie, et comment nos élites
nous influencent par l'intermédiaire des médias ?
Qu'attendre
des élections européennes, et au-delà, des institutions
européennes ?
Comment
imaginer un système où la parole du citoyen est respectée, prise
en compte ?
Quelle
est la place du mouvement des Gilets Jaunes dans cette recherche
d'une démocratie renouvelée ?
Autant
de thèmes qui ont été abordés, même si le conférencier, en
toute honnêteté, ne prétendait pas avoir « la réponse à
tout », ce qui donnait d'autant plus de poids aux affirmations
sur les sujets qu'il connaissait bien.
La
Libre Pensée, organisatrice, a tenu à remercier l'Université de
Montpellier qui a permis que ce débat puisse avoir lieu en son sein,
preuve que l'institution est fidèle à ses valeurs d'universalisme
et de pluralité de pensées.
La
discussion, qui est loin d'avoir épuisé sa dynamique propre, s'est
terminée par la lecture d'un texte du groupe des universités de la
LP qui aurait dû l’être lors de la manifestation du 13 avril
appelée par 50 organisations au plan national.
Nous
aurons à cœur, fort de ce succès, de poursuivre la discussion dans
la libre confrontation des points de vue.
Montpellier,
le 24 avril 2019.
Discours
prononcé par Alban Desoutter à la fin de la conférence de Juan
Branco
Avant
de dire au revoir à notre conférencier de ce soir, je vais vous
lire le texte qui aurait dû être lu à la manifestation du samedi
13 avril :
Chers
amis, chers camarades, J'interviens au titre de la Libre pensée.
Partout
en France, dans l'unité avec associations, syndicats et partis, des
dizaines de milliers ont manifesté, contre la répression d'un
mouvement qui a le soutien de la population, quand Macron est seul et
épuisé, s'accrochant à la Cinquième république comme seul
rempart à nos aspirations
Le
mouvement des Gilets Jaunes l'a épuisé, ses plus proches
collaborateurs sont partis.
Mais
il a décidé de continuer. A la restitution du grand débat, sa
conclusion est incroyable : les Français soutiendraient sa
politique, demanderaient moins de dépenses publiques et moins
d'impôts : moins de services publics et moins de fonctionnaires.
Comme par hasard, le gouvernement engage sa réforme de la Fonction
publique, avec la suppression de 120 000 postes et l'embauche de
personnels précaires.
On
voit qu'il a été élevé à la bonne école, celle de ceux qui
mentent pour protéger le gouvernement. C'est le pur produit du
gouvernement précédent, c'est le pur produit des Valls et des
Cahuzac et de tout le reste.
Ce
matin encore, Ségolène Royal apporte son aide, puisque sur BFMTV
elle s'est déclarée favorable à l'interdiction des manifestations
en disant : « ceux qui manifestent encore ne sont plus des gilets
jaunes ».
Tous
ces gens propres sur eux, sur leurs plateaux télés-ikéa,
rivalisant entre eux de servilité, veulent en finir avec les
manifestations, tous soutiennent d'une manière ou d'une autre Macron
et sa répression.
Mais
de l'autre côté, de la même manière, nous disons : nous ne
renoncerons pas. Nous ne reculerons pas, nous ne lâcherons rien. Les
revendications du peuple ont elle été entendues ? Pour les trois
millions d'enfants pauvres, les 11 millions de chômeurs et de
précaires, les 15 000 morts annuels du fait du chômage, pour ceux
qui fuient les bombes en Syrie et cherchent refuge, là où ils
peuvent : les choses sont-elles réglées ?
Certainement
pas, donc rien n'est réglé, tout est devant nous.
Les
LBD, les procès, les amendes, le grand débat: rien de tout de tout
cela n'a fait reculer la mobilisation. Ils ont les médias, ils
passent à la télé et dans les journaux, peut-être, mais nous
sommes soutenus par le peuple français, et nous savons que la
Révolution Française, la
Résistance, Juin 36, les
acquis ouvriers et démocratiques, la défense de la laïcité, c'est
l'œuvre du Peuple Français, pas des petits laquais de province qui
espèrent passer à la télé.
Pour
toutes ces raisons, plus que jamais, on continue, nous gagnerons ! On
ne lâchera rien ! Le vent s’est levé
Je
vous remercie. »
Merci
à Juan d’être venu !