lundi 19 octobre 2020

Pour la plus absolue liberté de conscience, pour le droit à l’instruction, en hommage à Samuel Paty (FNLP-18/10/20)


 

La Libre Pensée est saisie d’effroi devant le crime barbare contre l’enseignant Samuel Paty. Elle assure sa famille, ses proches, ses collègues, ses amis de sa profonde empathie dans ce drame. La Libre Pensée leur témoigne sa profonde solidarité dans cette cruelle épreuve.

La Libre Pensée condamne fermement et énergiquement cet acte odieux d’un fanatique religieux qui s‘ajoute à d’autres assassinats commis par des religieux épris de haine envers l’Humanité.

Le dimanche 18 octobre 2020, la Libre Pensée était présente
dans les rassemblements qui ont eu lieu

 

Nous y étions, car tuer un être humain, c’est assassiner l’Humanité toute entière.

Nous y étions, car chaque être humain porte l’entière condition humaine.

Nous y étions, sans ostentation ni publicité, simplement par respect et solidarité dans une discrétion assumée.

Nous y étions pour marquer notre refus absolu que la chaine d’union de l’Humanité soit séparée d’un de ses maillons

Nous y étions, parce que la Fraternité doit toujours être plus forte que le rejet de l’autre

Nous y étions, mais pas avec les porteurs de haine qui utilisent ce drame épouvantable pour marquer de leur xénophobie une partie de la population qu’ils vouent aux gémonies.

Nous y étions, pour rendre hommage à cet enseignant dévoué à son métier qui est d‘instruire, c’est-à-dire de construire des êtres humains conscients, libres d’assurer leurs destinées.

Nous y étions, mais pas avec ceux qui parlent des autres pour mieux parler d‘eux-mêmes et se faire de la publicité à bon compte.

Nous y étions, parce que nous voulons un monde meilleur où chacun peut avoir sa place dans l’égalité de tous.

Nous y étions, mais pas avec ces médias, tels des vautours, qui s‘abreuvent du sang des victimes pour accroitre leurs audiences et qui donnent un perchoir toujours plus grand aux corbeaux de mauvaise augure porteurs de haine et xénophobie croissante.

Nous y étions, car la liberté, en premier lieu, la liberté de conscience et d’expression est notre bien le plus précieux.

Nous y étions, mais pas avec les croque-morts qui se drapent dans les linceuls des autres pour mieux s’auto-glorifier et pour mieux justifier leur politique réactionnaire.

Nous y étions, car le véritable tombeau de Samuel Paty sera toujours dans le cœur de celles et de ceux qui l’ont aimé et dans la mémoire de celles et de ceux qui se souviendront de lui. Les Egyptiens dans la Haute-Antiquité pensaient qu’il y avait deux morts, d’abord quand l’âme quittait le corps et quand mourait la dernière personne qui avait prononcé votre nom.

Nous y étions, pour que le nom de Samuel Paty ne s’efface jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs.

Nous y étions…. Pour plus jamais cela.


Paris, entre peine et solidarité, le 18 octobre 2020

source:  https://www.fnlp.fr/



 

 

 

 

samedi 12 septembre 2020

Lettre ouverte de la Fédération Nationale de la Libre Pensée au Président de la République (10/09/2020)

 

Gambetta proclamant la république le 4/09/1870 à l'Hotel de  Ville de Paris
(Le Monde illustré de 1870-dessin de Daudenard)

 



Monsieur le Président,


Lors de votre venue au Panthéon le 4 septembre 2020, vous avez prononcé un discours contre le « séparatisme » qui voulait faire date. Mais la date que vous avez choisie est bien éclairante à elle seule.

Vous avez déclaré que l’Histoire de France « est un bloc » et, par ailleurs, vous avez omis de rappeler le fait que la République a été fondée le 22 septembre 1792, après la bataille de Valmy où les armées révolutionnaires infligèrent une défaite à l’Europe déjà coalisée contre la démocratie.


La République a 228 ans et non 150 ans



Dans votre discours vous avez donc soigneusement et délibérément occulté la Première République, puis la Seconde République. Il se trouve que ces deux républiques ont aboli l’esclavage et reconnu le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Maximilien Robespierre condamnait les « missionnaires armés » qui allaient chercher de nouveaux profits à la pointe de leurs baïonnettes. Dans le bilan comparé des républiques, ce n’est pourtant pas rien.
•Vous avez choisi la IIIe République qui fut aussi une république coloniale et colonialiste, celle qui poursuivit la conquête et l’occupation de l’Algérie. Serait-ce pour faire oublier qu’en 1962, le peuple algérien a fait preuve d’un grand « séparatisme » en disposant de lui-même et en arrachant de hautes luttes son indépendance ? Qu’y a-t-il de plus « séparatiste » que l’indépendance des peuples et le démantèlement des Empires coloniaux ?
•Serait-ce aussi pour faire oublier que les peuples d’Indochine, eux aussi subissant le joug colonial de la IIIe République, firent preuve aussi de « séparatisme » en luttant et obtenant leur indépendance ?
•Serait-ce aussi pour faire oublier que le peuple malgache obtint, par voie de « séparatisme » son indépendance en 1960 ? Et aussi que beaucoup de peuples africains se « séparèrent » de la République française qui les oppressait.

Votre choix de Président de la République a renié l’œuvre de la Révolution française qui, elle, était un bloc selon l’expression de Georges Clemenceau. C’est donc une opposition « bloc contre bloc », nous n’avons visiblement pas fait le même choix dans cette opposition. Il est assez curieux, voire amusant, qu’en tant qu’auteur d‘un ouvrage intitulé « Révolution », vous effaciez à ce point la Grande révolution. Vous auriez dû intituler votre livre « Contre-Révolution », cela aurait été plus conforme à son contenu. Votre « République » n’est visiblement pas celle de Léon Gambetta, d’Auguste Blanqui, de Jules Vallès, mais plutôt celle d’Adolphe Thiers, massacreur de la Commune de Paris.

 

Les mots ont-ils un sens ?

 


Nous avons extrait de votre discours panthéonesque ces trois phrases : « La République indivisible n’admet aucune aventure séparatiste… Dans certains endroits de notre République, il y a un séparatisme qui s’est installé, c’est-à-dire la volonté de ne pas vivre ensemble, de ne plus être dans la République et ce au nom d’une religion, l’Islam en la dévoyant… Le séparatisme, c’est quand, au nom d’une religion de telle ou telle influence extérieure, on dit : Je ne respecte plus les lois de la République. »

Il existe plusieurs domaines où le « séparatisme » fait loi dans ce pays. Des millions d’élèves sont dans l’enseignement catholique privée « séparés » de la jeunesse du pays, au nom d’un principe religieux : « le caractère propre catholique ». Cet enseignement « séparatiste » est largement subventionné sur les fonds publics.

Pourquoi admettre que l’argent de tous serve à financer l’école « séparée » de quelques-uns ? Ce n’est pas une conception différente sur les mathématiques, l’algèbre ou l’orthographe qui « justifie » cet enseignement « séparé ». Non, c’est la volonté affirmée que l’enseignement catholique est partie intégrante de l’œuvre d‘évangélisation catholique. C’est donc un précepte religieux fait au nom d’une religion.

« L’Enseignement catholique est d’abord confessionnel » comme l’a déclaré le cardinal-archevêque André Vingt-Trois à la veille de l’adoption par l’assemblée plénière de la Conférence des évêques de France du Statut de l’enseignement catholique en France, dont le préambule indique : « Les dispositions du présent Statut déterminent les règles et principes qui s’appliquent aux écoles appartenant à l’Enseignement catholique en France et aux instances et institutions dont ces écoles sont dotées pour gérer de façon harmonieuse leurs relations et intérêts. »

Ce Statut, avec ses 386 articles, constitue la loi organique de l’Enseignement catholique en France, déclinant dans toutes ses dispositions le Code de droit canonique sur l’Education catholique.

Citons quelques articles édifiants de ce Statut qui se passent de tout commentaire :



Art. 8 : « Aujourd’hui comme hier, l’Église catholique est engagée dans le service de l’éducation. Elle accomplit ainsi la mission qu’elle a reçue du Christ : travailler à faire connaître la Bonne Nouvelle du Salut… »

Art. 17 : « Le caractère ecclésial de l’école est inscrit au cœur même de son identité d’institution scolaire » Cette particularité « pénètre et façonne chaque instant de son action éducative, partie fondamentale de son identité même et point focal de sa mission ».

Art. 21 : Le projet éducatif est le garant de l’unité de l’école, de la communauté qui la constitue et de sa mission. Cet impératif d’unité commande que, dans chaque projet éducatif, on ne fasse pas « de séparation entre le temps d’apprentissage et les temps d’éducation, entre les temps de la connaissance et les temps de la sagesse. Les diverses disciplines ne présentent pas seulement des connaissances à acquérir, mais des valeurs à assimiler et des vérités à découvrir. [...] Dans la perspective d’un tel projet éducatif chrétien, toutes les disciplines doivent collaborer, de leur savoir spécifique propre, à la construction de personnalités en possession de leur maturité ».

Art. 23 : L’Évangile est la référence constante des projets éducatifs, car « c’est le Christ qui est [...] le fondement du projet éducatif de l’école catholique ».

Art. 41 : Une école au service du projet de Dieu : « L’Église poursuit l’œuvre du Seigneur par l’annonce de la Bonne Nouvelle qui est Jésus-Christ lui-même. C’est dans cette Église que s’inscrit et se comprend l’école catholique : la préoccupation éducative qu’elle porte, et avec elle le souci de la proposition et de l’annonce de la foi, est celle de l’ensemble de la communauté ecclésiale, dans laquelle elle trouve force et soutien. »

Faudrait-il croire que ce que vous estimez insupportable pour l'Islam, est accepté et même subventionné par l'Etat,

quand il s'agit du catholicisme ?

 


Les ministres de votre gouvernement viennent d’annoncer au Parisien « qu’ils veulent inscrire dans la loi la création d’un contrat d’engagement sur la laïcité : « Nous ne voulons plus un euro d’argent public aux associations qui sont les ennemies de la République.. Les associations qui bafouent les valeurs de la République seront privées de subventions ».

On nous indique qu’il va falloir signer une « Charte de la Laïcité » pour obtenir des subventions publiques. Allez-vous supprimer les 12 milliards versés chaque année à l’enseignement catholique privé, un enseignement « séparatiste », car il n’a jamais signé une quelconque « Charte de la Laïcité ou de valeurs républicaines » et supprimer cet enseignement « séparatiste » ? Au contraire, vous avez augmenté son financement public par l’Etat et les collectivités territoriales avec la scolarité obligatoire à partir de 3 ans !

Faut-il donc être d’accord avec vous pour percevoir des subventions publiques ? Si la Fédération nationale de la Libre Pensée s’honore de ne pas percevoir un centime d‘euro de fonds publics, pour autant nous ne saurions accepter cette dictature de l’argent et par l’argent qui est si bien la marque de ce régime.

Il faudrait donc partager votre Credo pour toucher des fonds publics ?

Exit les royalistes qui ne partagent pas les « valeurs de la République »…
Exit les libertaires qui n’aiment ni la monarchie, ni la république…
Exit les partisans du socialisme qui veulent une république sociale et pas bourgeoise…
Exit les partisans du refus de l’Etat…

Vous ne réviserez peut-être pas directement la Grande loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat qui garantit la liberté de conscience pour tous, mais vous la videz entièrement de son contenu en interdisant la liberté de conscience et la liberté de l’exprimer.

N’autoriser, en les favorisant et en excluant tous les autres, que ceux qui partagent votre avis, ceci est la marque des dictateurs, pas des démocrates. Comme disait Rosa Luxembourg : « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement ». Visiblement, vous ne partagez pas ce point de vue de cette militante révolutionnaire qui a payé de sa vie la fidélité à ses idées et à sa conscience.

 

C’est un coup d’Etat à froid contre les libertés démocratiques

et la loi de 1901 sur les associations

 


Il y a cependant fort à parier que ce projet réactionnaire ne passera pas la barre trente secondes devant le Conseil constitutionnel et d’autres juridictions, tant il est contraire, lui, aux principes de la Révolution, du Droit et de la République. Il ne suffit pas d’avoir « une majorité » à l’Assemblée nationale (majorité qui s’étiole chaque jour davantage), vous allez vous apercevoir qu’il y a aussi encore des contre-pouvoirs dans ce pays.


Examinons d’autres questions


♦ La note doctrinale de la Congrégation de la Foi du 21/11/2002 qui est le guide de l'Eglise catholique pour l'action politique et sociale stipule , comme « consignes » du Vatican, ceci :
"La conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la Foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui" : Ce qui veut dire que le dogme chrétien est au-dessus des lois des hommes : bel exemple de séparatisme.
Qu’allez-vous faire monsieur le Président ?
♦ Des médecins peuvent refuser de pratiquer des IVG au nom de leurs conceptions religieuses. Cette « clause de conscience » qui a souvent des origines religieuses dit : « La clause de conscience, c’est (…) le droit de refuser la réalisation d’un acte médical pourtant autorisé par la loi, mais que (le médecin) estimerait contraire à ses propres convictions personnelles, professionnelles ou éthiques. » N’est-on pas là directement dans ce que vous avez déclaré au Panthéon : « Le séparatisme, c’est quand, au nom d’une religion de telle ou telle influence extérieure, on dit : Je ne respecte plus les lois de la République ».
♦ En Alsace-Moselle, au nom des religions « venues de l’extérieur » de la Rpéublique, la laïcité ne s’applique pas. C’est l’existence du Concordat qui bafoue la liberté de conscience des Alsaciens-Mosellans et qui remet en cause l’égalité des citoyens devant la loi en « reconnaissant » quatre cultes, comme au temps du Premier Empire. Qu’y a-t-il de plus contraires aux « valeurs de la République » que la survivance d’un Empire qui s’est institué sur les décombres de la Première République ? Allez-vous supprimer les salaires des religieux payés comme des fonctionnaires au mépris de la laïcité et supprimer le Concordat, institution éminemment « séparatiste » de la République française et laïque?
♦ Au nom du Droit canon, les baptisés de force durant leur enfance ne peuvent voir supprimer leur appartenance à la religion catholique. On peut exiger au nom de la RGPD de voir disparaître toute appartenance passée à une association, parti, syndicat, Obédience maçonnique ; mais ceci est impossible pour les registres paroissiaux catholiques. Pourquoi cette exclusive basée sur un principe religieux au mépris de l’égalité des citoyens devant la loi ?

Dans ces quatre cas, les lois de la République ne s’appliquent pas pour tous et l’égalité des droits est bafouée. Allez-vous faire appliquer la loi républicaine contre ces séparatismes ?

The last, but not the least

 


Dans d’autres déclarations gouvernementales, il est indiqué que les imans devront être formés en France et que les prêches devront être faits en français. Nous qui sommes nostalgiques de Georges Brassens et de son fameux « La messe sans le latin nous emmerde », il ne nous ennuie nullement que des sermons soient fait dans la langue d’origine d’une religion et comprise par tous ses coreligionnaires. Il en faut pour tous les goûts.

Allez-vous exiger que tous les religieux catholiques soient formés en France et ainsi tarir la source qui permet à des prêtres étrangers de venir exercer leurs ministères en France ? Allez-vous interdire aux futurs prélats d’aller se former au Vatican ? Allez-vous interdire les pasteurs évangéliques en France et que leurs prêches ne soient plus en africain ou en créole ?

Ou allez-vous vous en prendre, une nouvelle fois, aux musulmans, comme au « bon vieux temps » de la Guerre d’Algérie ? Il semble que poser la question, c’est y répondre. Tout ce discours, ce projet de loi, ces prétentions, ne sont que le masque honteux de la plus pure xénophobie, instrumentalisée pour caporaliser la société et susciter des divisions pour atteindre vos objectifs politiques.

Monsieur le Président,

Vous comprendrez aisément que la Libre Pensée ne puisse se reconnaitre dans votre discours au Panthéon et qu’elle en appelle à tous les laïques, et les démocrates pour faire échec à ces projets réactionnaires.

Veuillez agréer l’expression de notre sincère attachement à la liberté de conscience et à l’égalité des citoyens devant la loi.

 

La Libre Pensée , le 10 septembre 2020



jeudi 30 avril 2020

Discours symbolique pour un 1er mai Militant -par Christian EYSCHEN, Secrétaire Général de la Libre Pensée







    
La Commune de Paris
appartient au Mouvement ouvrier et démocratique


Le Mur des Fédérés


 est la propriété des travailleurs




Cette année 2020 est bien particulière, le traditionnel rassemblement devant le Mur des Fédérés au Père Lachaise n’aura lieu que virtuellement, avec la CGT-FO, la CGT, la FSU, l’UNEF et la Libre Pensée.

La Fédération nationale de la Libre Pensée rend donc publique cette déclaration à l’occasion du 1er Mai 2020. Elle salue les héroïques combattants de la Commune de Paris.

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Amis, Citoyens, Compagnons et camarades,

Il y a 149 ans, le prolétariat parisien montait à l’assaut du ciel contre la réaction, le cléricalisme et le Vieux-monde. Pendant deux mois, une semaine et quelques jours, la classe ouvrière dressait le programme révolutionnaire enfin d’un véritable gouvernement ouvrier du peuple, pour le peuple, par le peuple, c’était « la forme enfin trouvée » du gouvernement du prolétariat (Marx)

La Commune de Paris interdisait le travail de nuit, luttait contre l’exploitation capitaliste, fondait l’Ecole laïque et décrétait, pour la deuxième fois dans l’histoire du pays, la Séparation des Eglises et de l’Etat. Son œuvre fut immense et a ouvert le chemin aux peuples du monde.

Le Mur des Fédérés appartient au Mouvement ouvrier

La Commune de Paris s’acheva au Père Lachaise, lors de la Semaine sanglante, au Mur des Fédérés où les Communards furent assassinés par la barbarie versaillaise. Le mouvement ouvrier a toujours été avec la Commune de Paris et son héritage, quand tant d’autres étaient à Versailles au nom de la « concorde nationale ».

Alexandre Dumas disait qu’« il était permis de violer l’Histoire, à condition de lui faire de beaux enfants », la réécriture de l’Histoire par certains ralliés tardifs, voire très tardifs, a produit un bâtard issu de la copulation contre nature de la réaction versaillaise et d’un certain « Humanisme ».

Rappelons que les aïeux de ces « écrivains » de la réécriture de l’Histoire étaient tous à Versailles en 1871 et qu’ils condamnaient ceux des leurs qui avaient eu le courage et l’audace de se joindre aux Communards.

Hier, comme aujourd’hui

Les tenants du Vieux-monde, de l’Eglise et du capitalisme veulent faire tourner la roue de l’Histoire à l’envers. Ils entendent détruire tous les acquis sociaux sur l’autel des intérêts du patronat. Comment ne pas voir que les libertés démocratiques disparaissent sous tous les prétextes possibles et que le seul avenir qui est offert à la jeunesse est l’embrigadement par le SNU ?

Comment ne pas être indignés et saisis d’effroi quand on voit les manifestations de superstition de l’Eglise catholique à travers le pays, souvent en présence d’Elus de la République qui foulent aux pieds la Séparation des Eglises et de l’Etat, et qui processionnent, s’agenouillent et communient devant des emblèmes tout droit sortis des sacristies et des tabernacles du Moyen-Âge ? La superstition et la réaction sont de nouveau unies contre la science et le progrès humain.



Limoges - L'évêque de Limoges a exceptionnellement sorti en ostension dimanche le crâne de saint Martial, saint patron de la ville, relique dont l'invocation aurait miraculeusement guéri des malades d'une épidémie au Xe siècle, pour contrer le Covid-19 par des "moyens surnaturels".

Utilisant la pandémie du Covid 19 qu’ils sont incapables de juguler et d’en protéger la population, car ils ont liquidé depuis des années des pans entiers du service public hospitalier, le gouvernement s’en prend aux acquis sociaux de salariés pour satisfaire au mieux les intérêts du patronat. A tel point, que la Fédération FO de l’enseignement a été obligée de rappeler que l’Ecole publique n’avait pas pour vocation d’être la garderie du MEDEF.

Outre le scandale du non-renouvellement des masques, si le nombre de lits à disposition n'était pas passé de 450 000 à 250 000 de 2006 à 2020, avec en parallèle une baisse du nombre de lits en réanimation et des dizaines de milliers de personnels soignants en moins, nous serions dans une autre situation.

Pour masquer cet assassinat délibéré du service public, le Président de la République en appelle à « l’Union nationale » autour de sa personne. Et ils sont nombreux à se presser pour faire « don de leur personne » à l’Elysée. Il est loin d’être sûr que cela soit purement philanthropique et philosophique.

Par deux fois, la Présidence de la République (le 23 mars 2020 et le 21 avril 2020) a sollicité la Libre Pensée pour faire « la convergence des forces spirituelles » autour de sa politique par l’intermédiaire d’audioconférences avec les cultes. Par deux fois, la Libre Pensée a dit Non.

Ces audioconférences élyséennes sont donc la tentative de faire vivre cette « transcendance » de manière institutionnelle dans la République française, à l’instar de ce qu’ils font dans l’Union européenne. C’est là sans doute, la manière élyséenne de « réparer le lien entre l’État et l’Église » en tentant d’impliquer la Libre Pensée comme caution dans l’opération.

Mais avant de parler au petit peuple des clercs, des Obédiences maçonniques et des « laïcs », le Président de la République a eu un contact direct avec le pape, car selon l’adage, il vaut toujours mieux parler au bon dieu qu’à ses saints. Une fois qu’Emmanuel Macron fut oint et ayant eu l’autorisation papiste de parler, il s’est adressé « comme un roi en ses Conseils », comme au bon vieux temps de la Monarchie. On n’est pas proto-chanoine d’honneur du Latran pour rien.

La Libre Pensée n’entend pas aliéner son indépendance, sa « liberté de comportement » comme le disait notre regretté Président Marc Blondel, en se liant au char d’une Union sacrée de triste renommée.

Comment ne pas voir que l’opération « Tous derrière mon panache blanc élyséen » vise à camoufler l’énorme responsabilité des gouvernements successifs dans les ravages de cette pandémie ? On ne cesse de nous parler du « jour d’après », mais les jours qui nous intéressent sont ceux d’aujourd’hui, et comme « les promesses n’engagent que ceux qui y croient », on nous permettra de regarder tout cela de loin avec une certaine ironie.

La Libre Pensée ne saurait donc cautionner une opération de camouflage des responsabilités gouvernementales.

En s’en prenant ouvertement aux acquis ouvriers, sociaux, démocratiques, laïques et à la jeunesse, le gouvernement entend imposer un monde d’exploitation et d’obscurantisme, tout dévoué au patronat et à l’Eglise catholique.

Quand on ressort les vieilles lunes du corporatisme
et du bonapartisme sénile

La presse vient de faire état d’une « information » qui rappelle de vieux souvenirs : pour Patrick Bernasconi, Président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), « Dans l’après-crise, il faudra davantage s’appuyer sur les corps intermédiaires, les territoires et la démocratie participative. »
Dans un long entretien avec Acteurs publics, il salue la solidarité qui s’exprime aujourd’hui face aux conséquences de la crise sanitaire. Elle témoigne, dit-il, de la volonté des citoyens d’être davantage partie prenante de la décision publique. Mais cette citoyenneté doit être “structurée et organisée”, estime Patrick Bernasconi, qui souligne le rôle que pourra jouer le CESE dans l’après-crise. Il estime nécessaire, “le moment venu”, le retour de la révision constitutionnelle pour “donner un élan et une force” à cette instance. »

Transformer le Conseil Economique et Social en « chambre des corporations, des métiers et des compétences », façon « Charte du Travail » relookée, et pour cela faire une réforme constitutionnelle, cela avait été le choix du général de Gaulle en 1969. On sait comment cela s’est terminé. On sait aussi que quand l’Histoire bégaie et repasse les mêmes plats, la deuxième fois, on sombre dans le grotesque.
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La Commune de Paris a dressé l’ébauche prometteuse de mesures sociales qui se sont concrétisées plus tard dans le Code du Travail. Etre fidèle au combat des Communards, c’est être aux côtés de tous ceux qui, salariés, lycéens, étudiants, jeunes, refusent que l’on détruise ce qui a été construit par nos ainés pour un monde meilleur et plus éclairé.

Être fidèle à la Commune de Paris, c’est refuser « l’union sacrée » et défendre les acquis sociaux, syndicaux, démocratiques et laïques.

Tel est le combat de la Libre Pensée

Ni dieu, ni maître ! A bas la Calotte et vive la Sociale !

Christian Eyschen, Secrétaire général de la Libre Pensée


Arrière-petit fils d’Alfred Eyschen, Membre du 34ème Bataillon de la Garde fédérée de la Commune de Paris (Clichy-Batignolles). Arrêté le 26 juin 1871. Arrivé au dépôt de Versailles le 28 juin. Incarcéré le 6 juillet sur l'Iphigénie (N°154). Transféré le 12 octobre au Château d'Oléron (N°519). Dirigé le 21 janvier 1872 sur la prison militaire de ST-Germain en Laye

Source : L'internement des prévenus de la Commune au bagne de Rochefort (1871-1872) par Louis Bretonnière et Roger Pérennes. Edité par le Conseil Général de la Charente-Maritime et l'Université Inter-Ages de Nantes. (Editions de 1995).

Mur des Fédérés, le 1er mai 2020

vendredi 21 février 2020

L’affaire Drezen (suite)-par Françoise Morvan (20/02/2020)


L’actualité nous offre, sous forme d’un feuilleton qui ne fait que commencer, la suite du Monde comme si.  
J’y exposais l’itinéraire des militants nationalistes qui, depuis 1919 et la fondation du mouvement Breiz Atao, avaient porté la « cause bretonne » sur base ethniste et s’étaient naturellement alliés aux nazis. Je montrais comment ces nationalistes, totalement discrédités à la Libération, avaient réussi, grâce aux milieux d’affaires, aux réseaux ethnistes européens et aux institutions régionales, à prendre peu à peu le pouvoir et à imposer leur discours. Je constatais que la réécriture de l’histoire autorisait une mainmise de plus en plus oppressante sur la culture, banalisant sous label de gauche une idéologie d’extrême droite. Ainsi des hommages étaient-ils rendus à des auteurs de textes antisémites prônant la haine de la France et la collaboration avec les nazis.